Faire participer les visiteurs pourquoi, comment?

J’ai été gentiment invitée à participer à une exposition à Clamecy, quelques mois après mon installation dans la région. C’est « Le Chevalet » qui m’a fait ce plaisir, pour fêter les 50 ans de cette association.

J’ai montré tous les enfants que j’avais sculptés, en bois ou en pierre et j’ai proposé au visiteurs de participer à la mise en couleur d’une sculpture.

Pourquoi faire participer les visiteurs à une de mes créations? Parce que c’est une façon d’amener les visiteurs à se positionner par rapport à mon travail: ils sont amenés à utiliser leur ressenti devant une forme et à prolonger mon expérience par la leur, à mille lieux de la mienne. Cette fois-ci par exemple, j’avais choisi des « feutres » à acrylique de 3 couleurs: plusieurs s’en sont plaint et je les comprends aujourd’hui. Dans ma tête, j’imaginais des pelages, plumages, tâches d’animaux en tous genres. J’en ai parlé en laissant aussi la place à d’autres signes et voilà que j’ai vu apparaitre des mots, des figures, des signes kabbalistiques, des précisions à la sculpture elle-même (yeux, bouches, rouge à ongle…)…

Quand j’ai ramené la sculpture à la maison, elle n’était plus vraiment mienne. Elle avait acquis une nouvelle identité, comme votre enfant quand il passe à la grande école, qu’il se frotte aux autres.

Je l’ai regardée dans tous les sens et j’ai repensé à ce qui m’avais été dit: pourquoi ne pas avoir fourni d’autres couleurs? Même si j’avais la réponse, j’ai pris acte et ajouté des couleurs. La sculpture a changé et je m’en réjouis. C’est ça l’intérêt de proposer aux visiteurs de participer.

Pendant l’exposition, j’ai aussi demandé quel nom pourrait être donné à cette sculpture. Alors je vais continuer avec ce prolongement, en lançant un sondage sur les noms proposés.

Je dois dire que la sculpture a été proposée allongée sur une table, ce qui n’est a priori pas la position que je voulais; plutôt pieds au mur : elle m’avait été inspirée par une petite Marie, fille d’une amie chère, qui adorait faire les pieds aux murs et un tas d’autres acrobaties (la fille pas l’amie).

Si le nom sélectionné impose une autre présentation, je pense suivre le fil 😉

                                     

L

Les filles de la vie

Apres une première exposition collective sur les grilles du Parc de Choisy dans le  13eme arrondissement, les liens tissés entre les différentes oeuvres se sont étendus à des liens de partages d’expériences, de points de vue, d’envies par rapport à notre position d’artistes dans la société. Nous nous sommes retrouvées, quelques femmes, à avoir envie de poursuivre ce chemin, de continuer à marcher sur ce fil: le fil de la vie.

Un nouveau travail collectif a été réalisé et accompagnera les oeuvres deja exposées  lors de l’exposition Art’ifice à Montgeron. Ce travail a été l’occasion d’éprouver et de dépasser nos différences et nos limites. Il sera encore une occasion d’échanger avec les un(e) et les autres sur ce que l’on peut faire de notre monde.

A la base, le collectif s’était créé après les attentats du 13 novembre 2015 et c’est naturel de le rappeler en hommage à toutes les victimes de tous les attentats. Et en même temps, il ne s’agit plus tant de résister à la haine que de chercher des chemins pour mieux vivre ensemble. L’art nous montre des chemins.